Archive pour la catégorie 'pour l’Espagne et l’Amérique latine'

Curé,marié ,un enfant !!

Et oui,vous ne rêvez pas ,je suis tombé sur un dossier en noblesse espagnol au nom du fils d’un certain Gabriel de la Puente.Ce dernier était curé.

Tout d’abord,difficile de le croire et pourtant la personne se déclare fils du curé d’Arredondo,village du nord de l’Espagne,en Cantabrie.
Le fils a demandé devant les tribunaux que soit reconnue sa noblesse,et pour cela il a dû la prouver par filiation et mentionner ses parents et grands-parents hidalgos.La demande ,faite une première fois en 1775,n’a pas été acceptée.Le motif n’est pas précisé,mais on peut s’étonner que le fils d’un curé,lequel normalement ne devrait pas pouvoir se marier et avoir d’enfant,fasse une demande pour être reconnu noble de sang.
La justice de l’époque devait être particulière puisqu’une deuxième demande de l’intéressé,en 1795,fut acceptée.

Le dossier contient d’autres détails troublants : le fils a été reconnu par son curé de père en 1773,ce qui semble peu probable car d’après les informations du dossier le curé avait en 1773 quatre-vingt douze ans.N’est-ce pas tardif pour reconnaître son enfant ? et quelle morale devait avoir ce curé pour attendre si longtemps ? les renseignements sont probablement tous inexacts.
Autre information impossible : le curé était marié à une certaine Manuela García Diego.Impossible d’imaginer le mariage à l’église d’un curé,puisque cela n’était pas possible et d’autre part la date du mariage n’est pas indiquée.Comment le curé pouvait-il ne pas connaître sa propre date de mariage alors qu’il était habitué à célébrer des mariages ,qu’il avait accès personnellement et tout le temps aux registres et qu’il pouvait sans problème,en cas d’oubli,y chercher la date de son mariage à Arredondo (car s’il s’était marié,on peut penser que ce fut à Arredondo) ? 
Autre invraissemblance : comment un tribunal de l’époque, alors qu’il était exigé que le déclarant apporte les preuves de sa noblesse,a-t-il pu reconnaître noble un fils de curé ( alors qu’un curé ne peut avoir d’enfant ) et qui plus est signaler une telle situation familiale dans sa décision écrite ?

En résumé , toujours bien vérifier les informations généalogiques contenues dans un document,même très officiel et digne de foi comme le sont en général les dossiers en noblesse.

Publié dans:pour l'Espagne et l'Amérique latine |on 16 mai, 2011 |Commentaires fermés

Réfugiés espagnols à Grenoble et en Isère

Quand on dit « réfugiés espagnols « , on pense la plupart du temps à ces centaines de milliers d’espagnols qui,fuyant la guerre civile,se sont réfugiés en France à la fin des années 1930,et on pense souvent aux camps d’Argelès, Rivesaltes etc dans le département 66.

Il faut savoir que d’autres départements  français ont accueilli des réfugiés espagnols,même s’il s’agit la plupart du temps de quelques milliers.
Un client espagnol m’a demandé de faire des recherches concernant sa mère et sa grand-mère qui furent accueillies à Grenoble en février 1939.Quelques souvenirs de sa maman,une carte postale envoyée par le grand-père ( interné dans le sud de la France) à la grand-mère ,très peu d’informations au départ.
J’ai donc consulté toutes les archives concernant les réfugiés à Grenoble et ,même si je n’ai pas trouvé de listes nominatives sur cette ville prouvant la présence des ancêtres de mon client dans le camp ,j’ai tout de même consulté et numérisé de nombreux documents relatifs aux conditions de vie des réfugiés,aux difficultés rencontrées (épidémies,promiscuité,hygiène catastrophique au départ etc), et découvert quelques informations personnelles sur certaines réfugiées ,de rares photos ,de nombreux rapports et documents administratifs (du préfet,des hôpitaux,de la gendarmerie etc),des articles de presse de l’époque ,des recensements numériques etc
J’ai par la suite consulté les archives des autres camps de l’Isère ,qui ont eux aussi accueilli quelques centaines de réfugiés jusqu’au déclenchement de la guerre en septembre 1939.

Grâce à mes investigations,mon client a pu tout à fait imaginer le séjour de quelques mois de ses ancêtres à Grenoble,une vraie joie pour lui.

Publié dans:pour l'Espagne et l'Amérique latine, pour la région Rhône-Alpes |on 16 avril, 2011 |Commentaires fermés

Un blason des années 1680

Une personne m’a contacté car elle recherche le blason d’une branche de sa famille ,originaire de Melilla ( Espagne ) et dont la présence en ce lieu vers 1680 est avérée.

Cette personne est très exigente: elle veut des preuves irréfutables que le blason éventuellement trouvé était bel et bien sur les façades des maisons de ses ancêtres ,vers 1680 à Melilla,et si je n’ai pas de preuve aucun devis ne sera accepté par elle.
Cette demande me permet de faire deux commentaires  : tout d’abord,cette personne s’imagine que je vais entreprendre des recherches et que ,si je trouve des preuves irréfutables,alors elle me règlera les recherches.Avoir de telles exigences c’est ne pas respecter la profession de généalogiste professionnel,que l’on paie non pas pour des résultats mais pour des recherches ( à l’image du médecin,que vous payez pour vous soigner et pas pour vous guérir).Et un travail commandé à un généalogiste professionnel doit être intégralement payé,quels que soient les résultats ,car tout travail mérite salaire.Je ne vais donc pas entreprendre de recherches sans être payé,et ai demandé à la personne si elle aimerait travailler sans être payée et si elle accepterait que son patron ( à supposer qu’elle en ait un ) ne veuille pas la payer parce que ses résultats ne sont pas à la hauteur .A ce jour,je n’ai pas eu de réponse à ma question.
La deuxième remarque que je ferai est que les recherches en matière de blasons nobiliaires sont bien entendu possibles,on trouve d’ailleurs sur internet plusieurs sites où l’on vous propose de vous envoyer le blason de votre famille,sur papier parchemin ;mais cette personne se méfie à juste titre de ces sites qui ,selon elle, propose des blasons « pré-fabriqués  » mais n’apportent pas de preuves écrites irréfutables.Chercher ces preuves implique des recherches approfondies dans des archives très précises,il s’agit là d’un travail de généalogiste et d’historien qui peut être de longue haleine.

Si j’entreprenais les recherches prévues par un contrat entre cette personne et moi ( dix heures de travail ,par exemple ),je trouverais peut-être des preuves écrites ,et si malgré tous mes efforts elles n’étaient par exemple « que » des années 1750  la personne serait-elle satisfaite ?vue sa mentalité ,je ne pense pas.Et aurait-elle raison d’être insatisfaite qu’elles datent de 1750 et pas des années 1680 ? ma réponse est qu’elle aurait tort,car l’important pour le généalogiste professionnel est de respecter le contrat et de tout faire pour obtenir des résultats , et des preuves écrites de 1750 ce n’est pas rien !  

Publié dans:pour l'Espagne et l'Amérique latine, pour la région Rhône-Alpes |on 3 avril, 2011 |Commentaires fermés

Actes de décès et de sépultures

Si j’en juge à l’attitude générale de mes clients ,les actes de décès et sépultures sont trop souvent délaissés par les généalogistes amateurs au profit des actes de baptêmes , naissances ou mariages. Peut-être par ce qu’ils considèrent que ces derniers sont plus informatifs quant aux ancêtres ,et permettent donc davantage de remonter dans le temps.Cela est encore plus flagrant pour ceux qui font des recherches en Espagne , car il est vrai que la plupart du temps les actes de baptêmes et de naissances espagnols indiquent l’identité des parents et des grands-parents,et leurs lieux de naissance ,ce qui permet de découvrir quatre nouveaux ancêtres ( les parents étant déjà connus,en général).

Moi ,je vous déconseille de négliger les actes de décès et les sépultures car ils peuvent apporter de précieuses informations insoupçonnées sur votre ancêtre : l’existence d’un testament ( lequel, s’il est recherché ,peut par exemple vous apprendre qu’il s’est marié plusieurs fois ) ,ou le fait qu’il n’a pu rédiger de testament car il était pauvre,ou le nombre total d’enfants qu’il a eus ( avec leurs prénoms ,âges ,et l’identité de leurs éventuels conjoints ) ,ou la nature du décès (maladie ,mort naturelle etc ),ou si son conjoint était encore vivant le jour du décès ( ce qui peut être bien utile si justement vous ignorez quand il est décédé et voulez chercher ses dates et lieu de décès ).

J’ai même pu,grâce à un acte de décès d’un ancêtre espagnol de mon client ,découvrir que l’un des enfants du défunt était allé s’installer au Mexique,prouvant ainsi que la légende familiale selon laquelle il y avait un « oncle d’Amérique » parmi ses aïeux était vraie.   

Le viatique

Le  viatique est l’eucharistie donnée à un mourant : celui-ci ouvre la bouche et le curé lui donne l’hostie.

Les recherches généalogiques permettent parfois de découvrir des détails peu communs .C’est ainsi qu’en cherchant l’acte de sépulture d’une ancêtre à un client, je l’ai trouvé en 1801 et ai appris que la mourante n’avait pu recevoir le viatique car « elle ne put séparer les dents ».
Peut-être souffrait-elle de paralysie ? probablement d’une grave maladie pusiqu’elle décéda à l’âge de trente-quatre ans.
En tout cas ,impossible pour elle de recevoir le viatique.

Certes ,l’information concernant le viatique n’apporte pas d’information sur les ancêtres de la mourante ,mais elle permet d’imaginer la scène , ce qui au client peut paraître important et intéressant.

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