Archive pour la catégorie 'pour l’Algérie française'

Nos ancêtres pieds-noirs

L’Algérie a été française entre 1830 et 1962,période pendant laquelle se sont installés dans ce pays des centaines de milliers de français , et d’étrangers  ( espagnols ,italiens etc…)  dont beaucoup sont devenus eux-mêmes par la suite  français .
Quelle était la vie de mes ancêtres ,des vôtres peut-être lecteurs ?
Pour y répondre en partie , je vous propose aujourd’hui 
 la lecture du récit de la vie d’une pieds-noirs comme tant d’autres,certes,mais d’une dame qui a vécu 92 ans en Algérie,d’une lointaine cousine née en 1858 à Miliana et décédée en  1950 à Cap-Matifou.
Ce récit , écrit  par  son petit-fils Carlos Fuster ,est  un témoignage  de ce que fut l’Algérie française pour beaucoup de gens ( pieds-noirs et algériens ).Lisez-le tranquillement , il est magnifique :

« Ses parents étaient espagnols, émigrés (comme beaucoup de compatriotes) en Algérie,où ils pensaient gagner honorablement leur vie…c’étaient de rudes travailleurs:maçons,ouvriers agricoles,petits commerçants,jamais rebutés par la besogne.
La grand-mère GALBÈS (Marie-Madeleine, épouse FUSTER) eut onze enfants.Elle en perdit deux ou trois en très bas âge,ce qui était fréquent à l’époque.Jacques,Pierre,Louis,Gabriel,Jean,Marie,Joséphine, Rosine arrivèrent à l’âge adulte.
Marie – Madeleine était femme de ménage à Miliana(4 km de la maison):elle lavait le linge des pensionnaires de l’Ecole Normale d’institutrices,dans des conditions d’inconfort dont elle ne s’est jamais plainte.
Les filles aînées s’occupaient des plus jeunes pendant qu’elle travaillait.
Pour chaque accouchement,elle s’arrêtait trois semaines (maximum).
Elle avait un caractère très ferme et énergique,ne s’attendrissait jamais malgré les décès de Jacques(guerre de 14),Marie(20 ans,tiphoïde),Gabriel (39 ans) et son petit-fils Pierrot(24 ans).
Profondément croyante,elle allait à la messe tous les matins jusqu’à  plus de 80 ans: 4 km jusqu’au village,malgré la neige et les températures très basses (900 m).Ses garçons étaient enfants de choeur jusqu’à au moins 15 ans.
Sa piété l’a aidée à tenir le coup,à la suite de ses nombreux chagrins et difficultés.Elle disait: »c’est la volonté de Dieu  » ,et continuait à prier.
Toujours vêtue de noir,été comme hiver,à la mode espagnole,elle portait une ample jupe allant jusqu’aux chevilles,une sorte de casaque à manches longues,un fichu cachant les cheveux et noué sous le menton.En hiver,elle ajoutait une grande cape noire.
Jusqu’à un âge avancé,elle allait tirer l’eau du puits et revenait à la maison avec un ou deux seaux remplis à ras bord.A 70 ans bien sonnés,elle n’hésitait pas à piocher dans la vigne,à surveiller l’arrosage nocturne des légumes et fruits,grâce à un système de canaux et écluses.
A la mort de mon père(décédé dans un accident à 39 ans),elle vint voir ma mère qui pleurait,et lui dit: »mets-toi au travail,remplace ton mari et pense aux enfants..les larmes ne mènent à rien ».Maman m’a souvent dit qu’elle l’avait stimulée.
Elle avait de la tension,et faillit mourir plusieurs fois,après  des malaises dans le jardin (22/23 de tension).Le seul remède à l’époque consistait à placer des sangsues sur le corps de la malade.Il faut croire que le remède était efficace  ,car elle vécut jusqu’à 92 ans.
Vers 88 ans,malgré toute sa volonté,elle ne put plus rester seule dans sa maison inconfortable.
Elle demeura un certain temps chez sa fille Rosine.Mais elle ne s’y sentait pas bien (et n’aimait pas son gendre).
Finalement,elle partit chez sa fille Joséphine,près d’Alger,au bord de la mer ,qu’elle avait vue pour la première fois à 75 ans ! Sa fille et son gendre l’entourèrent de beaucoup de gentillesse et de soins.
Elle fut enterrée dans son caveau à Miliana,accompagnée en voiture par le vieux curé qui était son ami depuis 50 ans.
C’était la fin d’une vie de dur labeur,de chagrins,mais aussi de courage et de dévouement familial. »

Carlos Fuster. 

Publié dans:pour l'Algérie française |on 20 novembre, 2008 |Commentaires fermés

Un généalogiste familial professionnel n’est pas un magicien

Vous m’aviez confié vos recherches généalogiques,vous souhaitiez que je recherche le supposé inventaire après décès de votre arrière-grand-père paternel,ou l’identité de votre arrière-arrière grand-mère maternelle etc…malheureusement,malgré toute ma bonne volonté ,je n’ai rien trouvé.Votre déception est grande,vous avez investi  plus ou moins d’argent ,je me suis engagé à faire tout ce que je peux pour vous satisfaire mais je n’ai rien trouvé.Je comprends votre déception et me mets à votre place,il n’est jamais agréable d’avoir le sentiment d’avoir perdu son temps et de l’argent.
         
Je voulais toutefois vous rappeler ce qu’est un généalogiste familial professionnel:c’est quelqu’un qui,à partir de ses connaissances,de sa perspicacité,de son expérience et des recherches qu’il va entreprendre ,va mettre tout en  oeuvre pour vous satisfaire.Ce sera sa satisfaction personnelle et son devoir de faire tout ce qu’il peut.Mais un généalogiste familial professionnel n’est pas un magicien:en effet,comment peut-il trouver tel acte s’il n’existe pas,si toutes les démarches entreprises pour le trouver n’ont pas abouti ? comment peut-il progresser si son interlocuteur espagnol  lui dit au téléphone qu’il va l’aider ,et en fait ne le fait obstinément pas?est-ce que,sous prétexte que vous l’avez payé ,le généalogiste professionnel doit avoir coûte que coûte des résultats ?
         
Je vous le rappelle:le généalogiste familial professionnel est un professionnel à votre service,tenu à une obligation de moyens et non de résultats.En cas de recherches infructueuses (ou pas),il vous expliquera toutes les démarches entreprises (qui devront bien entendu être les plus pertinentes possibles) , vous exposera clairement les sources qu’il a consultées,mais vous aurez tort -si vous le faites – de lui reprocher le manque de résultats:en ayant recours à un professionnel,vous aurez bénéficié de l’aide d’un spécialiste qui aura fait tout son possible,mais pas d’un magicien !

Publié dans:pour l'Algérie française, pour l'Espagne et l'Amérique latine, pour la région Rhône-Alpes |on 31 juillet, 2008 |Commentaires fermés

Généalogie et légendes familiales

Les légendes familiales sont ces histoires , parfois extraordinaires et souvent enviables,que l’on continue de raconter au sujet de tel ancêtre ou de nos familles: certains ont en effet , d’après ce qui se dit dans leurs familles depuis des générations, un grand-oncle ayant été à la Cour de tel monarche, ou sont descendants de tels personnages illustres.D’autres encore ont du sang bleu ,ou sont soi-disant descendants de Christophe Colomb…..tant de légendes que l’on souhaite un jour pouvoir vérifier.
         
Si certaines s’avèrent véridiques,d’autres sont des allégations parfois totalement infirmées par des recherches généalogiques sérieuses :me concernant ,les anciens de ma famille avaient l’habitude de dire que nous étions proches cousins du général Franco,légende qu’ils n’ont cessé de véhiculer jusqu’à leurs morts sans en n’avoir jamais apporté ne serait-ce qu’un commencement de preuve.Les recherches généalogiques approfondies que j’ai menées m’ont permis de conclure que cette légende n’était pas fondée,et que son origine devait être farfelue: je soupçonne les anciens de ma famille, pieds-noirs qui aimaient bien exagérer et fanfaronner,d’avoir créé cette légende de toute pièce et/ou d’avoir fait un rapprochement hâtif entre eux et le général.
         
C’est pourquoi quand un client me contacte pour élucider une légende concernant un ancêtre ,je le préviens qu’il faut être pointu dans les recherches,et accepter l’idée que celles-ci puissent être longues et ne pas confirmer la légende.

Dispense de consanguinité.

Si au détour de vos recherches généalogiques vous tombez sur une référence à une dispense de consanguinité,je vous conseille fortement de demander  à un professionnel (si vous n’avez pas d’autre solution) de chercher la dite dispense car elle est susceptible de vous donner de précieuses informations sur vos  ancêtres.

Tout d’abord,pour bien comprendre de quoi il s’agit,je vous suggère de lire ces explications très claires trouvées sur le net:  http://www.francegenweb.org/~wiki/index.php/Dispense_de_consanguinité
Je vous propose maintenant une illustration, cette demande que j’ai trouvée dans les archives de dispense de consanguinité formulée en 1709 : le curé du Bourg d’Oisans (Isère) demande à l’évêque d’accorder une dispense aux deux fiancés pour qu’ils puissent se marier.Ce document est très intéressant du point de vue généalogique puisqu’on y découvre l’identité des ancêtres des deux futurs conjoints jusqu’à leur ancêtre commun (un certain Alexandre Glodar,leur arrière-grand-père ).Entre les deux fiancés ,il y a  en droit canon (de l’église) une parenté au troisième degré,ils sont donc cousins issus de germains.Si vous ne comprenez pas ce que cela veut dire précisément,voici un article très clair :
http://pagesperso-orange.fr/f5zv/GENEALOG/G01/G01m.htm

Erreur de transcription dans l’état civil,les registres catholiques etc

Lors de vos recherches généalogiques,il faut avoir à l’esprit que l’inscription de votre ancêtre dans un registre (naissances, décès , baptême etc) peut avoir été victime d’une erreur de transcription.Personnellement, j’ai cherché en vain pendant des années et des années l’acte de naissance de mon ancêtre GARCIA   Joseph ,et pour cause: l’officier d’état civil en 1866 avait transcrit son nom D’ACIA ,probablement parce qu’il avait mal compris le patronyme du nouveau-né que lui communiquait le déclarant analphabète (le père de Joseph) .Même si la recherche de l’acte de naissance a été laborieuse et désespérante, elle a finalement abouti  :                                                

                                                                 Acte de naissance 1866 

Publié dans:pour l'Algérie française, pour l'Espagne et l'Amérique latine, pour la région Rhône-Alpes |on 10 décembre, 2007 |Commentaires fermés
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