Archive pour la catégorie 'pour l’Algérie française'

La nationalité française des musulmans d’Algérie française.

De plus en plus de personnes me contactent pour que je fasse des recherches afin de trouver le décret ou le jugement de naturalisation française  d’un ancêtre musulman ayant vécu en Algérie française.
Je voudrais rappeler qu’à partir de 1865 les musulmans d’Algérie française étaient français , et que peu d’entre eux finalement furent naturalisés .
Un constat: la plupart de ceux qui me contactent ne connaissent pas suffisamment ce sujet de la nationalité et la naturalisation française des musulmans d’Algérie française.
Une cliente m’avait par exemple procuré la photo de la carte d’identité française de sa grand-mère musulmane,pensant que ce document était forcément la preuve que son aïeule avait été naturalisée,ce qui n’est pas vrai.

La question n’est pas simple, d’autant que la législation a plusieurs fois changé et évolué pendant la colonisation.
Si vous pensez ou êtes certain que votre ancêtre a été naturalisé français en Algérie française,par décret ou jugement, je suis à votre disposition pour rechercher des renseignements sur sa naturalisation et vous expliquer la loi.
A noter que les investigations pourront ne pas être faciles,c’est ce que je vous explique dans un article que j’ai écrit précédemment et relatif aux recherches généalogiques concernant les musulmans d’Algérie française .

Publié dans:pour l'Algérie française |on 4 janvier, 2009 |Commentaires fermés

Musulmans de l’Algérie française et recherches généalogiques

Si vous êtes musulman/e né en Algérie française,ou descendant de musulman né en Algérie française,peut-être souhaiterez-vous  faire ou faire faire des recherches généalogiques en France concernant vos ancêtres. Il y a en effet ici beaucoup de sources ( état civil,sources historiques etc),dans lesquelles il peut très bien se trouver des renseignements sur votre famille :si par exemple vous êtes certain que votre ancêtre a été naturalisé français par décret, il est tout à fait possible d’obtenir son dossier de naturalisation. Si votre grand-père était caïd ,notable,membre de l’administration française etc un dossier le concernant se trouve peut-être dans les archives .

Cependant, si vous me demandez de faire des recherches généalogiques sur vous ou vos ancêtres ,je dois vous prévenir que cela peut être très difficile à cause de la transcription en français des noms arabes ,et parfois les personnes qui me contactent ne  savent pas me dire précisément quel était le nom de leur ancêtre.
Si quelqu’un me dit par exemple et m’écrit que son arrière-grand-père s’appelait  Mohamed
Abd Esselem Ben Ayed ,quel était son nom ?Abd Esselem ,ou Ben Ayed,ou les deux ?
D’autre part ,l’administration française de l’époque a peut-être transcrit le nom indiqué comme ça : Abd Essalem Ben Hayed ,en changeant l’orthographe.
Je devrai donc chercher à différents noms possibles,et à différentes graphies possibles pour chaque nom possible.
En outre,le nom arabe a longtemps comporté un surnom,l’indication de la paternité ou de la maternité,la marque de la filiation (ben,bent),une référence ethnique …comment l’administration de l’époque a-t-elle compris et transcrit ces renseignements, et encore une fois avec quelle orthographe ?  
Certes le système de désignation s’est transformé au cours du temps et est devenu beaucoup plus simple ,mais les difficultés concernant une époque ancienne demeurent.

Pour conclure,si vous me demandez de faire des investigations,sachez qu’elles pourront être compliquées et sans garantie de succès (je rappelle que le généalogiste professionnel est tenu à une obligation de moyens et non de résultats).
 

Publié dans:pour l'Algérie française |on 4 janvier, 2009 |Commentaires fermés

Nos ancêtres espagnols et les épidémies

J’ai souvent entendu les anciens de ma famille dire que nos ancêtres espagnols avaient quitté l’Espagne ,pour l’Algérie française ,à cause de la pauvreté et des épidémies.J’ai toujours considéré cela tout à fait possible,sans pour autant n’en avoir jamais eu la preuve.
         
Faisant des recherches sur mes ancêtres au centre mormon de Grenoble,et visionnant la bobine des sépultures pour la paroisse de Era Alta (village de la région de Murcia dont sont originaires certains de mes ancêtres),j’ai découvert par hasard et sans le rechercher au départ le décès en 1865 d’une ancêtre âgée de 73 ans et victime du choléra.J’ai aussi constaté que la plupart des nombreux décédés de cette époque étaient morts de cette maladie.Une épidémie toucha alors le village,et si je n’avais pas consulté cette bobine  des mormons peut-être n’aurais-je jamais eu connaissance de cette épidémie ,et peut-être ne pourrais-je toujours pas confirmer   les affirmations de ma famille au sujet des épidémies.
         
En tout cas,j’ai maintenant la certitude et la preuve que des épidémies ont bien poussé beaucoup d’espagnols à quitter le pays et à tenter leur chance ailleurs,en Algérie entre autres.Et je remercie encore une fois,comme je l’ai fait dans d’autres articles,les microfilms des mormons pour les renseignements qu’ils peuvent fournir sur une personne,mais aussi toute une famille,un village et une époque.

Publié dans:pour l'Algérie française, pour l'Espagne et l'Amérique latine |on 22 décembre, 2008 |Commentaires fermés

Un ancêtre bagnard

Si vous découvrez un jour que votre ancêtre fut condamné aux travaux forcés,ne croyez pas que vos recherches généalogiques le concernant vont devenir forcément compliquées.
         
En effet,si vous souhaitez en savoir davantage sur cet ancêtre,il est tout à fait possible de découvrir de précieuses informations aux archives départementales (archives judiciaires) ,aux A.N.O.M ou aux archives de la Marine:dans l’arrêt de sa condamnation au bagne,dans les archives relatives à toute la procédure (enquêtes,interrogatoires,procès,arrêts ) qui  a précédé sa condamnation, dans les registres d’écrous de la prison où il fut enfermé ,dans son dossier de bagnard etc
         
Je vous parle là d’investigations ,il faut le savoir,qui peuvent fournir des informations plus ou moins difficiles à lire en fonction du motif pour lequel votre ancêtre fut condamné au bagne.
  
                                                           
                                                                                            

Publié dans:pour l'Algérie française, pour la région Rhône-Alpes |on 23 novembre, 2008 |Commentaires fermés

Nos ancêtres pieds-noirs

L’Algérie a été française entre 1830 et 1962,période pendant laquelle se sont installés dans ce pays des centaines de milliers de français , et d’étrangers  ( espagnols ,italiens etc…)  dont beaucoup sont devenus eux-mêmes par la suite  français .
Quelle était la vie de mes ancêtres ,des vôtres peut-être lecteurs ?
Pour y répondre en partie , je vous propose aujourd’hui 
 la lecture du récit de la vie d’une pieds-noirs comme tant d’autres,certes,mais d’une dame qui a vécu 92 ans en Algérie,d’une lointaine cousine née en 1858 à Miliana et décédée en  1950 à Cap-Matifou.
Ce récit , écrit  par  son petit-fils Carlos Fuster ,est  un témoignage  de ce que fut l’Algérie française pour beaucoup de gens ( pieds-noirs et algériens ).Lisez-le tranquillement , il est magnifique :

« Ses parents étaient espagnols, émigrés (comme beaucoup de compatriotes) en Algérie,où ils pensaient gagner honorablement leur vie…c’étaient de rudes travailleurs:maçons,ouvriers agricoles,petits commerçants,jamais rebutés par la besogne.
La grand-mère GALBÈS (Marie-Madeleine, épouse FUSTER) eut onze enfants.Elle en perdit deux ou trois en très bas âge,ce qui était fréquent à l’époque.Jacques,Pierre,Louis,Gabriel,Jean,Marie,Joséphine, Rosine arrivèrent à l’âge adulte.
Marie – Madeleine était femme de ménage à Miliana(4 km de la maison):elle lavait le linge des pensionnaires de l’Ecole Normale d’institutrices,dans des conditions d’inconfort dont elle ne s’est jamais plainte.
Les filles aînées s’occupaient des plus jeunes pendant qu’elle travaillait.
Pour chaque accouchement,elle s’arrêtait trois semaines (maximum).
Elle avait un caractère très ferme et énergique,ne s’attendrissait jamais malgré les décès de Jacques(guerre de 14),Marie(20 ans,tiphoïde),Gabriel (39 ans) et son petit-fils Pierrot(24 ans).
Profondément croyante,elle allait à la messe tous les matins jusqu’à  plus de 80 ans: 4 km jusqu’au village,malgré la neige et les températures très basses (900 m).Ses garçons étaient enfants de choeur jusqu’à au moins 15 ans.
Sa piété l’a aidée à tenir le coup,à la suite de ses nombreux chagrins et difficultés.Elle disait: »c’est la volonté de Dieu  » ,et continuait à prier.
Toujours vêtue de noir,été comme hiver,à la mode espagnole,elle portait une ample jupe allant jusqu’aux chevilles,une sorte de casaque à manches longues,un fichu cachant les cheveux et noué sous le menton.En hiver,elle ajoutait une grande cape noire.
Jusqu’à un âge avancé,elle allait tirer l’eau du puits et revenait à la maison avec un ou deux seaux remplis à ras bord.A 70 ans bien sonnés,elle n’hésitait pas à piocher dans la vigne,à surveiller l’arrosage nocturne des légumes et fruits,grâce à un système de canaux et écluses.
A la mort de mon père(décédé dans un accident à 39 ans),elle vint voir ma mère qui pleurait,et lui dit: »mets-toi au travail,remplace ton mari et pense aux enfants..les larmes ne mènent à rien ».Maman m’a souvent dit qu’elle l’avait stimulée.
Elle avait de la tension,et faillit mourir plusieurs fois,après  des malaises dans le jardin (22/23 de tension).Le seul remède à l’époque consistait à placer des sangsues sur le corps de la malade.Il faut croire que le remède était efficace  ,car elle vécut jusqu’à 92 ans.
Vers 88 ans,malgré toute sa volonté,elle ne put plus rester seule dans sa maison inconfortable.
Elle demeura un certain temps chez sa fille Rosine.Mais elle ne s’y sentait pas bien (et n’aimait pas son gendre).
Finalement,elle partit chez sa fille Joséphine,près d’Alger,au bord de la mer ,qu’elle avait vue pour la première fois à 75 ans ! Sa fille et son gendre l’entourèrent de beaucoup de gentillesse et de soins.
Elle fut enterrée dans son caveau à Miliana,accompagnée en voiture par le vieux curé qui était son ami depuis 50 ans.
C’était la fin d’une vie de dur labeur,de chagrins,mais aussi de courage et de dévouement familial. »

Carlos Fuster. 

Publié dans:pour l'Algérie française |on 20 novembre, 2008 |Commentaires fermés
1...141516171819

Groupe Blanc |
ManueandCo |
Lilas |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Jacquotte
| mellehachi
| Loic & Marie-Aude